Ho ricevuto tempo fa un gran bel regalo da parte della nostra inviata speciale, Siham per non nominarla, un libro che parla del Libano ma in maniera del tutto particolare, una raccolta di nomi, luoghi, storia, aneddoti, dal titolo tutto sommato di un innamorato ad una innamorata, “Dictionnaire amoureux du Liban” scritto da Alexandre Najjar, autore libanese, nato a Beirut nel 1967 e che ha già pubblicato una trentina di libri, tradotto in più di dodici lingue e personaggio sine qua non della cultura libanese, una passione nella passione…

E’ un libro che si legge volentieri prima di spegnere la luce, un po’ di pagine alla volta, per assaporare gli odori, le voci, i clacson delle auto nel traffico quasi impossibile di Beirut, la vita di parecchie civiltà che hanno lasciato segni e vestigi archeologiche da Baalbek a Tiro, un dizionario direi quasi nostalgico ma sempre attuale.

Il dizionario va in pratica dalla lettera “A” alla lettera “Z”, non vi dico niente di più, nel caso vogliate comprarlo e leggerlo, ma ho scelto di parlarvi della prima parola della lettera “A”, ABADAY, che tanti di noi hanno utilizzato per dipingere il bullone o sbruffone di servizio quando eravamo a scuola oppure nel quartiere di residenza, chi non ha avuto un Abaday locale in quegli anni alzi la mano !!!

Qui di seguito il primo articolo del libro, libro che potete comprare in lingua francese sul sito della Casa Editrice PLON, cliccando qui : Dictionnaire amoureux du Liban

Buona lettura

Diego


ABADAY

L’abaday était le trublion, le caïd de Beyrouth. Avec leur tarbouche, leur cravache, leur kombaz (une tunique ample) et leurs imposantes moustaches en crocs, les abadayet se pavanaient dans leur « fief» de Basta ou de Gemmayzé et revendiquaient le droit de se faire justice à soi-même. On les trouvait surtout dans le souk aux légumes et devant les stations de taxi ou de bus. Dans les cafés qu’ils fréquentaient, il leur fallait cinq chaises : une pour leur séant, deux pour les jambes et deux pour y poser les bras. En période d’élections, ils devenaient de véritables « clés électorales », capables de mobiliser des quartiers entiers. Le plus redoutable d’entre eux s’appelait Elias Halabi. Un jour, il élimina deux hommes en même temps : le fils Naqib, qui le gênait, et Boulos, un policier qui tentait de s’interposer. « J’ai supplié le gendarme de ne pas se mêler de cette histoire, il n’a rien voulu entendre, expliquera-t-il au juge. J’ai été obligé de lui expédier une mlabsé [dragée] dans la bouche! » Lors de ses funérailles (il mourut dans son lit – heureuse fin pour un abaday), un incident incroyable se produisit: un homme qui se trouvait au balcon de l’immeuble Kawkab el-Charq («l’astre de l’Orient »), au centre de Beyrouth, vit dans le cortège funèbre un de ses débiteurs. Désireux de lui mettre la main au collet, il enjamba la balustrade et sauta dans le vide pour atterrir 2 mètres plus bas. C’est à ce moment précis que le bâtiment s’effondra comme un château de cartes, causant la mort de plusieurs citoyens! Halabi avait pour concurrents le colossal Elias Abou Acar qui marchait devant le tramway pour l’obliger à ralentir sa course et Mitri el-Aakdi, ancien combattant auprès de la France libre reconverti en videur dans une boîte de nuit à Bhamdoun, qui poignarda un certain Hassan Chmaissani avant d’être abattu par le frère de celui-ci, un gendarme, devant le palais de justice…

A Jounieh, l’abaday était baptisé « cheikh el-chabéb ». Les fiers-à-bras de la ville se réunissaient dans les cafés du Chir ou à Jisr el-Wadi. L’un d’eux était un prêtre, le père Boulos el-Khazen : il était si fort qu’on le disait capable d’effacer avec son doigt les inscriptions gravées sur une pièce de monnaie !

Au cours du procès d’un abaday contemporain, le juge demanda à l’accusé s’il avait bien kidnappé le plaignant. L’avocat de l’abaday intervint aussitôt pour essayer de persuader le magistrat que la victime s’était enfermée « de son plein gré » chez son client, et que le mot « kidnapping » n’était pas approprié. « Je vous en prie, maître, avait alors protesté l’abaday, piqué au vif. Chez nous, on kidnappe, mais on ne ment pas. » C’est que l’abaday a le sens de l’honneur !


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